La complainte d'Ycée

Publié le par Bruno A. Lepoittevin

 

 

 

La complainte d'Ycée

ou Coemeterium

 

 

Le bourreau garde un doigt sur la guillotine,

Le couperet accompli son inégal partage !

La tête tenue par les cheveux roule jusqu'entre mes jambes,

D'un air...détaché,elle roule !

Elle roule jusqu'au fin fond d'une allée,

Couverte de l'ombre d'une croix rouillée, elle glisse !

Elle glisse confuse, sous une pierre tombale.

Ô Odarka, à six pieds sous mer, sans même une seule larme,

Tu me laisse seule au fond de cet abîme, je n'ai plus que membres et buste,

Une bouillie noire, décor sans nom, de dessous mille couronnes funéraires,

En dessous d'une lame de fleurs, jaillit des noires profondeurs,

Enfouit aux confins de l'abysse, sépulture ultime.

Mon esprit t'est offert, à toi visage sans nom.

Un millier d'ossements qui ne forment désormais qu'un tout petit tas vert,

Un plancton cartilagineux et fluorescent aux macabres arabesques.

Happe mes yeux, mon nez, ma bouche, dans une danse mortuaire intime.

Lunaire, je flotte à présent le long des allées de coraux de ce froid lagon d'oubli.

Quand soudain apparaît, au hasard des courants illuminant mon âme,

Un spectre !

Un spectre !

Tout droit sorti de l'obscurité, le spectre d'un enfant mort-né,

Un spectre !

Un spectre !

Fils d'une princesse méca, le spectre d'un enfant aux os rongés,

Un spectre !

Un spectre !

Un flot d'images m'envahit..

Un spectre !

Un spectre !

Le spectre de l'enfant que j'étais.

Le flot d'images disparait.

Ne me suis pas ! Ne me suis pas! Ne me suis pas Lyliaaaaaaaaa !

Publié dans 2 Poésitroniques

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